[Portrait] Kévin Malaga : “Sur le terrain, j’essaye d’amener mon envie aux autres joueurs”

Il est le pilier de cette défense Jaune et Bleue, et impose régulièrement sa taille et son physique pour éloigner le danger de son but : Kévin Malaga, toulonnais de naissance, est un guerrier sur le terrain, mais plutôt discret en dehors.

Rencontre avec ce joueur de 30 ans au parcours bien rempli, et à l’expérience qui vaut cher dans un groupe !

La rédaction : Tout d’abord, veux-tu dire un mot à propos de Kader Kraichi, qui t’a choisi pour ce portrait ?

Kévin Malaga : Un petit mot sur Kader, dit « l’orgueilleux » : déjà c’est un ami, un gars du Sud comme moi, donc je l’apprécie beaucoup, c’est un compétiteur.
C’est quelqu’un que j’aime bien, un bon joueur, et c’est quelqu’un d’important dans l’équipe.

Peux-tu nous parler de ton parcours ?

J’ai commencé à 4 ans l’école de football, dans le club de ma cité, jusqu’à mes 10 ans : ça s’appelait la JSS, la Jeunesse Sportive Seynoise, c’était le club de mon quartier [à La Seyne-sur-Mer, ndlr].
Ensuite je suis parti à Toulon, au Racing Club de Toulon, qui existe encore, et qui était à l’époque le club rival avec le Sporting de Toulon, et j’ai été formé là-bas de mes 10 ans jusqu’à mes 16 ans Nationaux première année.
Ensuite je suis parti à Nice Cavigal, c’est un club-tremplin par rapport à l’OGC Nice, où ils viennent piocher un peu : donc j’ai fait mes 16 ans Nationaux deuxième année.
Je suis reparti chez moi dans le Var à Hyères, en U18 Ligue, où on a fait un beau parcours en Gambardella [1/8ème de finale ndlr], et j’ai été recruté par l’AJ Auxerre, où j’ai signé stagiaire 2 ans.
J’ai fait 5 ans à Auxerre, où ça a été un peu sinueux, mais je me suis accroché, je suis parti de loin, pour au final faire DH, CFA2, CFA, jusqu’à signer pro la dernière année.
J’ai fait 2 matchs de Ligue 1 et 2 matchs de Coupe de France.
Ensuite, je suis parti à l’OGC Nice en Ligue 1 pendant 2 ans, où j’ai fait 2 matchs de Ligue 1 : un contre Montpellier, et un autre contre Marseille au Vélodrome.
Je suis parti après en Angleterre, où j’ai signé trois ans à Coventry, en League One, l’équivalent du National : j’y suis resté un an et demi, ça s’est plutôt bien passé au début, j’ai fait 5-6 matchs.
Après on a eu un changement de coach, on en a eu 4 en tout, ça a décliné, et sur la fin le dernier coach ne me faisait plus confiance, donc j’ai préféré partir.
J’avais été un peu déçu du monde professionnel, donc  je suis reparti chez moi à Toulon, j’ai pris le risque de repartir en CFA2, mais j’en avais besoin, pour retrouver les valeurs « amateurs » : la camaraderie, les collègues que j’avais là-bas également.
Et avec une bonne équipe en CFA2 on est montés en CFA la première année !
La deuxième année, en CFA, j’étais dans la poule de Pau, pour un promu on fait une très belle saison : c’est là où j’ai reçu plusieurs Talents Foot National, j’ai été élu dans l’équipe-type, et c’est là où le coach [David Vignes, ndlr] m’avait repéré.
On a donc commencé les discussions avec le coach, j’avais le choix entre Pau et Dunkerque : j’ai adhéré au discours du coach, donc avec ma femme on a décidé de venir ici, j’y ai signé deux ans.
Et donc ça fait la deuxième année que je suis ici, et j’en suis bien content !

Qu’est-ce qu’un bon défenseur pour toi ? Comment vois-tu son rôle dans une équipe ?

Un bon défenseur, pour moi, c’est quelqu’un qui aime défendre : si tu n’aimes pas défendre, ça va être compliqué.
J’ai eu un coach à Auxerre qui m’avait dit que ce qu’il voyait en moi en tant que défenseur, c’était que j’aimais défendre, c’est la première des choses.
Après bien défendre, il faut essayer d’apporter une touche à la relance, de jouer plutôt proprement.
Un défenseur, ça doit être aussi un leader, peut-être pas dans les paroles mais sur les actes.

Mon rôle dans l’équipe : sur le terrain je suis une autre personne, c’est par mes actes que je galvanise un peu le groupe, par mon état d’esprit et mon envie que j’essaye d’amener aux autres.

Crédit : Images Sport

Qu’est-ce que tu préfères : faire un tacle décisif ou marquer un but ?

En tant que défenseur on va répondre un tacle décisif, ça reste assez jouissif quand même de faire une belle intervention, que ce soit un tacle, un sauvetage sur une ligne ou un beau retour défensif.
Mais c’est vrai que marquer un but c’est pas mal aussi, après on laisse ça aux attaquants, c’est pas grave…
Bon je vais dire un tacle décisif !

Selon toi, quel est le geste technique qu’un défenseur doit maîtriser ?

On vient d’en parler : pour moi, le geste technique à maîtriser, c’est le tacle.
On va dire que pour le gardien c’est une sortie aérienne ou savoir capter un ballon : pour le défenseur, la base c’est le tacle.
Si tu es trop court, il faut savoir revenir avec un beau geste technique : pour un défenseur, c’est vraiment une base.

Quel regard portes-tu à la mi-saison ?

On va dire que c’est un bilan positif à la mi-saison.
On a commencé gentiment on va dire, il y a eu beaucoup de départs, quelques arrivées donc il a fallu que la mayonnaise prenne.
Le premier match a été satisfaisant : on est allés au Red Star, même si sur un point de vue personnel c’était moins bon car j’ai pris un rouge, mais c’est vrai qu’on avait fait un beau match, on était bien rentrés dans notre saison.
On avait mené, après bon il y a eu ce penalty qui y était, moi j’ai pris un rouge donc ils sont revenus.
Après on a subi deux défaites d’affilée, c’est vrai que ça a été un peu compliqué, mais il fallait le temps que les automatismes prennent entre nos lignes.
C’est vrai que tout le monde bossait à l’unisson, ça travaillait bien : petit à petit il y a eu une petite confiance qui s’est mise, malgré les résultats un peu en dents de scie, on a eu confiance en nous.
Le discours du coach aussi était le même, il nous faisait confiance, il savait qu’on bossait et que ça allait payer.
Donc nous on s’est accrochés, on a pris conscience qu’on avait une bonne équipe : on sait que l’objectif c’est le maintien, mais c’est clair que c’est beaucoup plus gratifiant pour un joueur de jouer autre chose que le maintien…
Donc le regard que je porte à la mi-saison, c’est un regard positif, mais il faut avoir le même seuil d’exigence, si ce n’est plus, pour pouvoir prétendre à autre chose, certainement un truc de mieux, et c’est possible.

Quel joueur t’inspire le plus, et quelle équipe te fait rêver ?

Moi c’était Laurent Blanc, j’aimais bien sa sérénité, sa tranquillité, sa technique, c’était mon modèle.
Je n’ai pas trop d’équipes qui me font rêver, mais une équipe que j’aime bien par rapport au jeu, au coach aussi, c’est l’Atlético Madrid.
C’est une équipe qui ne lâche rien, alors ce n’est peut-être pas la meilleure équipe à voir jouer, souvent les gens disent que c’est très défensif, mais j’aime bien les valeurs qu’elle dégage, son coach aussi.
Ça me correspond aussi, j’aime bien jouer pour le collègue, m’arracher pour les autres, et j’attends la même chose des autres aussi, donc c’est vrai que l’Atlético c’est une équipe que j’aime bien.

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Tu es parfois capitaine cette saison, comment gères-tu cette responsabilité ?

On va dire que je la gère mieux qu’avant, du fait de l’âge déjà, de l’expérience.
Après on m’a demandé d’avoir plus de responsabilités, de prendre plus de responsabilités sur le terrain ou en dehors et je l’assume plus, et donc ça ne me dérange pas du tout d’être capitaine.
J’essaye de prendre mon rôle au sérieux et du mieux que je peux, et je pense être un peu écouté dans le vestiaire.
Capitaine, on va dire que les années précédentes je n’aurais pas eu du mal, mais ce n’était pas dans mon caractère, mais aujourd’hui c’est sans problème, du fait de l’expérience et de l’âge, ça ne me dérange pas, au contraire.
Je me suis un peu forcé et c’est pas plus mal.

Quel est ton meilleur souvenir en tant que footballeur ?

Il y en a plusieurs !
Le premier vrai bon souvenir, c’est le parcours en Gambardella que j’avais fait avec mon équipe à Hyères, en 18 ans Ligue, où on avait fait un beau parcours jusqu’en 1/8ème de finale, on avait éliminé pas mal d’équipes de centres de formation.
Sinon après il y a ma signature à Auxerre, ça a été un aboutissement et un commencement en même temps.
Mais mon plus beau souvenir reste ma signature en pro, et mon entrée en jeu à l’Abbé Deschamps contre Rennes.
J’ai bien aimé aussi de jouer au Vélodrome, en tant que sudiste et toulonnais, Marseille c’est à côté, c’est à 35 minutes, et j’ai toujours été supporter de Marseille.
C’est vrai que ce jour-là c’était vraiment une fierté, pour mes parents, mes amis.
En plus c’était la grosse équipe de l’OM, c’était quelque chose, il y avait du monde dans le stade, pour un sudiste c’était pas mal !
C’était en… (il réfléchit) en 2011-2012 : il y avait Gignac, les frères Ayew, Lucho Gonzalez, Taye Taiwo, Mandanda.
J’ai joué aussi au stade du Ray, donc c’était l’ancien stade, donc pour moi c’est pas mal aussi vu que c’est un stade mythique : on avait joué contre Montpellier l’année où ils sont champions avec Giroud, il nous met un but à la 91ème, je me rappelle il était allé voir les supporters à l’autre bout il avait traversé le terrain…
Au final, c’est la signature en pro à Auxerre, mon premier match en pro à Auxerre et le match au Vélodrome…
Après il y a aussi l’Angleterre, l’atmosphère est exceptionnelle là-bas pour une équipe de 3ème division : en fait le stade fait 35 000 places mais l’affluence est de 15 000 – 16 000 !

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Si tu n’avais pas été footballeur, qu’aurais-tu fait, ou qu’aurais-tu aimé faire ?

Je ne me suis jamais trop posé la question parce que j’ai toujours été convaincu et persuadé que j’allais faire ça.
Il y a eu des moments où j’y ai moins cru bien sûr, mais je me suis toujours donné les moyens pour le faire.
Après, j’aime bien tout ce qui est dans l’événementiel, organisation d’événements…
Travailler dans le relationnel aussi, pas spécialement dans le sport.
Et puis j’ai eu aussi une petite expérience quand j’étais à Toulon, vu que je n’étais pas pro et que j’avais entraînement une seule fois par jour à 18h, vu qu’il y en a qui travaillaient, moi en parallèle j’étais coach sportif : j’allais chez quelqu’un et je lui donnais des cours de fitness.
Ça m’avait permis un peu de toucher à autre chose, même si je suis resté dans le sport, mais vu que je ne suis pas quelqu’un qui s’exprime beaucoup, ça m’a permis de m’ouvrir, car il fallait parler, expliquer la séance.
J’avais fait ça pendant 6 mois, et ça me permettait de m’évader un peu et de faire autre chose.

Est-ce que tu aimes d’autres sports que le foot ?

Oui bien sûr !
Moi, après le foot, c’est le rugby : je suis toulonnais, donc je suis à fond pour le RCT.
C’est vrai que j’ai baigné dans le rugby quand j’étais au collège : j’étais en sport-étude, et dans ma classe à la Seyne-sur-Mer, une ville à côté de Toulon, c’était aussi un pôle ou un tremplin où on vient piocher les bons joueurs du Var pour le RCT, donc j’avais beaucoup d’amis rugbymen, c’était le foot ou le rugby.
Depuis, je suis passionné par le rugby, j’essaye de pas louper un match du Top 14 quand Toulon joue, les phases finales j’y suis aussi, le Tournoi des 6 Nations qui commence bientôt je vais le regarder, la Coupe du Monde…
Je pense que si je n’avais pas fait de foot, j’aurais fait soit du rugby, soit du handball, parce que j’aime bien ce sport aussi.
Moins un sport individuel par contre : mon père a fait beaucoup de judo, mais moi c’est plus rugby ou handball.

Entre nous, pourquoi les autres joueurs en veulent-ils tant à tes cheveux ?

Je pense qu’ils sont jaloux !
Il n’y a personne qui a les cheveux longs, je vais parler pour mon ami Jo (Jonathan Rivas) et pour mon ami Kader (Abdelkader Kraichi) : je pense qu’ils sont jaloux de moi, ils aimeraient bien avoir ma chevelure !
Mais qu’ils fassent attention à eux, parce que la calvitie ça va vite : c’est l’arbre qui cache la forêt, car c’est bien beau d’aller toutes les deux semaines chez le coiffeur, mais à un moment donné il n’y en aura plus de cheveux !
Et je voulais faire une petite dédicace, je ne sais pas s’il m’a cité, je ne pense pas, mais celui qui est en danger, c’est mon ami Judicaël (Crillon) : profite bien, parce que je pense que d’ici peu il n’y aura plus de cheveux, et tu passeras à la coupe à la Barthez !

Crédit : La République des Pyrénées
Crédit : La République des Pyrénées

Un mot à dire aux supporters ?

Déjà, on est vraiment contents qu’ils soient là, et j’ai même été un peu étonné qu’il y ait même un petit groupe de supporters comme la STUP, ça fait toujours un peu de bruit, ça met toujours de l’ambiance, et puis bien souvent ils nous soutiennent même à l’extérieur, même s’ils sont 2, 3, 4, 5 ou 6, ça fait toujours plaisir !
Nous on va essayer d’atteindre nos objectifs rapidement : le maintien, et après c’est de rêver et pourquoi pas les faire rêver avec nous, parce qu’il y a quelque chose d’intéressant à faire.
Ça serait bien de nous supporter jusqu’au bout, comme ils l’ont fait jusqu’à maintenant, de venir de plus en plus nombreux car on a besoin de tout le monde.
C’est vrai que le terrain c’est compliqué, donc si on a des supporters derrière nous qui nous poussent, malgré la pelouse difficile, ça va nous faire du bien.
Donc avoir un peu plus de monde serait bien, même s’il y en a déjà pas mal : après je sais que les résultats amènent les supporters, donc nous on va essayer de rester constant, pourquoi pas encore grappiller une place.
Ou du moins de rester à cette place-là, ce serait bien et ce dès ce week-end pour mettre la distance avec les relégables, donc ça doit passer par une victoire.
Donc je voulais remercier les supporters qui sont toujours présents à la sortie de nos matchs, avec toujours un mot gentil.

Enfin, qui aimerais-tu voir pour le prochain portrait, et quelle question voudrais-tu lui poser ?

Alors pour le prochain portrait, ce serait mon ami « Sancho », Anthony Sanchez !
Et j’ai deux questions à lui poser.
La première ce serait : je voulais savoir (il réfléchit) ce qu’il avait pensé de notre discussion pendant le match Pau – Toulon Le Las quand j’étais venu jouer la première année, s’il avait aimé notre petite discussion pendant le match et ce qu’il en avait pensé ?
Petite info : on s’était insultés comme jamais pendant le match, et pourtant c’est sûrement mon meilleur ami dans le groupe, c’est vraiment quelqu’un de bien, d’entier…
Et la deuxième question : d’où lui vient cette technicité hors du commun ?
C’est vrai qu’il a un don pour les un-contre-un, et une technique à faire rager les plus grands, Neymar et Cristiano Ronaldo !

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