A la découverte de Benoit Duval

BD : « Je m’appelle Benoît, entraîneur des gardiens pros du Pau FC mais aussi en charge du pôle gardien de but sur l’ensemble du club. Ancien gardien de but, je suis passé par Lens, Châteauroux puis Boulogne sur Mer. Cependant, je mets un terme à ma carrière très jeune…à 22 ans… en raison d’un grave accident de voiture.

Ayant totalement coupé avec le foot, je reviens à 30 ans pour passer mes diplômes.

J’intègre par la suite Boulogne sur Mer (à l’époque en L2), en prenant en main les U19 nationaux ainsi que tout le pôle gardien de but du club, de la préformation jusqu’à la formation.

En fin de contrat, je me dirige vers la région bordelaise en prenant en charge la R1 de Saint Médard en Jalles avec la fonction de directeur technique du club tout en travaillant parallèlement avec la ligue en tant que référant gardien de but sur l’ensemble de la région Nouvelle-Aquitaine.»

  • Entraineur des gardiens : racontez-nous votre travail

BD : « Il est très simple ! La hiérarchie des gardiens est établie dès le départ. Il n’y a pas de surprise ! Alex (Olliero) en 1, Ben (Bertrand) en 2 et Patrick (Trindade) en 3. L’idée est de préparer au mieux les échéances à venir pour Alex en tant que numéro 1, le mettre dans une forme optimale pour qu’il soit le plus performant possible à tous les matchs. Je dois travailler en parallèle avec Benjamin qui doit se tenir prêt à jouer à tout moment. La gestion entre les deux n’est pas forcément évidente puisqu’il ne s’agit pas de la même approche psychologique.

Puis nous avons aussi Patrick, jeune portier issu de la situation locale, que l’on essaye de former pour l’avenir puisqu’il découvre le monde professionnel cette année. L’ambiance entre les trois gardiens est excellente. Ils sont soudés, travailleurs et complémentaires. »

  • Qu’est que vous regardez en premier chez un gardien ?

BD : « La première chose que je regarde ? La prestance. Je me renseigne sur ce qu’il dégage à savoir s’il est présent, en retrait ou effacé…Le gardien doit avoir un certain charisme sur le terrain. Il doit être présent dans le commandement, le jeu au pied qui est devenu primordial d’ailleurs. Sans oublier le domaine aérien et la gestion de la profondeur.

Aujourd’hui, on demande au gardien de but beaucoup de chose, qu’il soit aussi bon au pied qu’un joueur (rires). On le considère bientôt comme un joueur de champ en possession de ballon. Mais quand on ne l’a pas, il doit être capable de sortir les arrêts décisifs quand les occasions se présentent. C’est sans aucun doute le poste le plus complet, mêlant force mentale puisqu’on le sait, l’erreur ne pardonne pas…»

  • D’ailleurs, comment expliquez-vous que ce poste de gardien cristallise autant l’attention, les tensions et les critiques ?

BD : « Nous sommes préparés à ça, aux critiques ou aux tensions. Quand on est gardien de but, on sait très bien à quoi on s’expose. Malheureusement, personne ne sera là pour rattraper notre erreur ! A l’époque, on gagnait grâce au buteur et on perdait à cause du gardien. Le gardien était souvent le moins technique ou le plus costaud. Aujourd’hui, les mentalités ont évolué. On note désormais, une volonté chez les jeunes d’être gardien pour l’importance du poste, mais aussi pour ressembler à leurs idoles comme Lloris, Mandanda ou Neuer par exemple. Ce poste passionne en réalité et nous pouvons le ressentir chez les jeunes.

  • Qui choisit le gardien, Didier ou vous ?

BD : « Avec Didier nous sommes en totale corrélation. Je pense que chez les gardiens, il faut systématiquement établir une hiérarchie dès le départ. Certes, cette hiérarchie est faite pour être bousculée mais elle doit être installée pour travailler dans les meilleures conditions possibles.

Maintenant, on est constamment dans l’échange. Il reste le coach principal, le décisionnaire. Néanmoins, il est possible de soumettre des idées mais c’est lui qui prendra la décision finale. Effectivement sur des séances on discute de l’état de forme du joueur mais en aucun cas, cela revient à remettre en cause la hiérarchie. Nous connaissons les points forts et les faiblesses de nos gardiens et nous travaillons sur ça »

  • On dit souvent que le gardien est un membre à part de l’équipe, un joueur « particulier ».  Comment gérez-vous cela au quotidien ?

BD : « Ce n’est pas une nouveauté ! On peut le ressentir sur des petits détails. Nous sommes différents parce nous avons une autre couleur de maillot, des entraînements spécifiques et … un entraîneur à part entière. Chaque semaine, les séquences peuvent être changeantes. Les séances sont établies en amont, en discussion avec le coach en fonction de ce qu’il a programmé sur ses entraînements. Je peux disposer de mes gardiens sur des séances entières, d’autres fois je ne les ai pratiquement pas. 

Nous travaillons à part, à côté du groupe mais néanmoins, on reste à un poste de l’effectif. Les gardiens le vivent très bien parce que cela fonctionne ainsi depuis longtemps. Ils ont ce besoin d’enchaîner sur des séances spécifiques de plongeon mais peuvent aussi se mettre plus en retrait sur des spécifiques attaquants où l’idée est d’optimiser la confiance des joueurs de champ. Il faut mettre en valeur les offensifs et pas forcément le gardien de but.

Dans le spécifique pour moi, je me dois de mettre au mieux les gardiens, les amener dans le rouge pour obtenir le plus de concentration possible. »

  • Quelle relation entretenez-vous avec vos gardiens ?

BD : « Je suis très proche d’eux, j’aime savoir comment ils vont. D’ailleurs, nous avons un groupe Whatsapp uniquement avec les gardiens de but, qui nous permet d’échanger, partager des choses pas seulement sur le foot. De mon côté, quand je sens un gardien moins bien mentalement, je prends aussi des nouvelles individuelles. Le management a pris une place très importante dans le football moderne. La proximité et le relationnel avec les joueurs sont devenus primordiaux au quotidien. Même si la barrière entraîneur/joueur est bel et bien toujours présente. »

  • Par rapport à cela, que travaillez-vous essentiellement avec vos gardiens et quelles qualités recherchez-vous à développer chez eux ?

BD : « Cela dépend exclusivement des gardiens. Ils sont tous les trois différents avec chacun leurs profils et qualités. Mais il ne faut pas dévier de l’objectif, Alex en tant que numéro 1 doit être le plus performant possible en priorité. Chaque semaine, une analyse sur l’adversaire du week-end est établie, pour connaître les points forts offensifs qu’il va falloir gérer. Le travail est orienté sur les forces de l’équipe adverse, savoir si c’est une équipe qui centre beaucoup, qui va user du jeu direct avec des ballons en profondeur, une équipe qui va tenter souvent sa chance. Avec ses informations, nous allons nous ajuster pour trouver un axe de travail et se préparer au mieux tout en essayant de corriger, de gommer les défauts constatés sur les rencontres précédentes.

J’axe également mon travail sur… le mental ! On travaille beaucoup avec les trois sur l’aspect psychologique, l’imagerie mentale puisque c’est un des éléments fondamentaux chez un gardien de but. »

  • La plupart des clubs pros utilisent des technologies pour optimiser les performances des joueurs, quelle est l’importance de ces outils à votre poste ?

BD : « Je suis très ouvert à ces nouvelles technologies mais je garde aussi un certain recul vis-à-vis de ça. Si j’estime que ce qui est proposé dans la nouveauté peut avoir un intérêt puis des répercussions pour les gardiens je suis ouvert à 200%. A contrario, je préfère m’abstenir et rester sur du basique qui est tout aussi efficace. Un simple laser pour travailler la vision périphérique ; pratiquer du badminton pour optimiser les déplacements courts ; la boxe pour le cardio, le jeu au point ou encore d’autres jeux de raquette pour bosser les arrêts réflexes et la vivacité gestuelle. »

  •  En tant qu’entraîneur des gardiens, quelles sont vos sources d’inspirations ?

BD : « Entraîneur de gardien, non, je m’inspire de tout ce qui me paraît utile. Mais en étant entraineur principal de base oui, quelques entraîneurs m’ont marqué. J’ai beaucoup aimé le Mourinho de Chelsea avec le charisme et la classe qu’il peut dégager. Je pense aussi à Guardiola du Bayern et City avec la mise en place de son système de jeu et la manière de jouer.

Le dernier qui me vient à l’esprit, Deschamps et son palmarès démentiel autant en joueur qu’entraîneur. Partout où il est passé ça respire la gagne. Il arrive à faire partager ses convictions et le goût de la victoire. C’est fort »

  • Le meilleur gardien dans le monde actuellement ?

BD : « A la maison je ne regarde pas spécialement les matchs. Ma femme supporte assez le football entre mes trois garçons qui font du foot puis moi (rires)… comment vous dire qu’elle subit énormément le football dans sa vie au quotidien ! Par conséquent, quand on rentre on essaye au maximum de déconnecter ! Donc difficile de répondre mais s’il fallait en sortir un du lot, je dirai que Neuer reste le plus complet.

En ligue 1, je vais opter pour un jeune gardien avec un gros potentiel Mike Maignan. C’est un gardien qui au-delà, de son poste a besoin de comprendre, d’analyser les choses. Je suis actuellement en formation pour le CEGB où je côtoie Gregory Wembée (entraîneur gardien de Lille) qui m’a parlé de Mike et qui confirme mon opinion sur ce gardien. Si Lille se retrouve à ce niveau depuis quelques temps, je pense que Galtier et Maignan y sont pour beaucoup. »

  • Un gardien que vous aimeriez coacher ?

BD : « Alexandre Olliero, Benjamin Bertrand et Patrick Trindade qui sont avec moi aujourd’hui, je m’éclate avec eux. J’essaye de les amener les trois à un niveau supérieur quel qu’il soit par rapport au début de saison. Personnellement, je suis dans l’instant T, je ne vis pas forcément avec l’idée d’entrainer tel ou tel gardien. A l’heure actuelle je suis très heureux de travailler avec eux sans oublier le pôle gardien de but du club où je passe sur les terrains et je regarde les spécifiques qui se déroulent en gardant un œil attentif sur l’évolution de nos jeunes. Je tiens à remercier l’ensemble des éducateurs gardien de but du club pour leur investissement. Nos jeunes progressent et ils y sont pour beaucoup.  Mon ambition est d’aller le plus haut possible avec le club. »

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